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Logé dans un grand immeuble tout neuf, au 11eme étage, sur une grande avenue, nous prenons de plein fouet le bruit de cette immense ville de 14 millions d’habitants. Beaucoup de voitures et de taxis qui conduisent au klaxon, des travaux un peu partout dans ce quartier de Barranco en pleine extension !

Notre appartement nous offre une vue imprenable sur l’un des deux seuls stades d’athlétisme municipaux et sur lequel il y a du coup une activité permanente de 6h à 22h. Idem dans la piscine juste à côté, sur le stade de futsal, de basket et sur les terrains de tennis. C’est sur ce stade que je rencontre l’entraineur de perche Paolo Yunshiro Reategui et son groupe d’entrainement, auquel il me demande de donner quelques conseils !  Sohan peut faire quelques sauts avec eux mais son dos douloureux le rappelle rapidement à l’ordre.

Nous sommes également en face du musée d’art contemporain, aux expositions très contemporaines et dont le café, très agréable, propose un bon capuccino organico au prix d’un menu de midi que nous prenons l’habitude de manger dans les restaurants locaux : 3€

Pour ce premier jour à Lima, nous louons des vélos pour prendre la température du centre historique et du Malécon, promenade qui s’étend sur plusieurs km le long des falaises (à Lima il faut descendre en voiture pour se rendre à la plage car la ville est sur les hauteurs). Nous y voyons un bel ensemble skate parc / Bmx très animé. Et juste en dessous la plage de surf surnommée Waikiki où Sohan, Titouan et moi-même avons fait une petite session. 3 sports olympiques réunis et vivants !

Lima vient d’accueillir les Jeux Panaméricains qui ont été très médiatisés et semble être une ville très sportive comme beaucoup de capitales désormais.

Le soir nous retrouvons Ysabel, une franco-péruvienne qui nous aide dans notre projet au Pérou, dans un petit café ancien et populaire où nous prenons notre premier Pisco Sour, l’apéritif local.

Ysabel vit principalement au Pérou où elle est née et a grandi. Elle travaille dans une agence de tourisme solidaire à Lyon et œuvre également pour l’association Amitié Solidarité Pérou. Par ailleurs, elle a participé à l’organisation de la venue de la délégation française à Lima lors de la nomination de Paris pour les JO 2024. Le sport est pour elle un parfait moyen d’éducation, elle a d’ailleurs élevé ses enfants dans cette idée et chacun est médaillé national et international en Judo. 

L’association Amitié Solidarité Pérou a permis la construction d’un réfectoire qui accueille tous les midis une centaine d’enfants d’un quartier défavorisé de Lima, Coillique, et leur permet ainsi de manger gratuitement à leur faim au moins une fois par jour. Pour certains d’entre peux l’association les accompagne dans les études.

Après une heure et demi de bus, de changements pour aller du sud au Nord de ce Lima si bruyant, nous arrivons à Coillique avec Ysabel pour rencontrer les enfants au réfectoire. Les enfants viennent tous nous saluer avec des bisous. Coillique, c’est 600 000 habitants ! Un immense bidonville, dans un univers aride de cailloux avec en son centre un stade de foot qui accueille le championnat du quartier. Je n’en reviens pas 600 000 habitants dans ce quartier. Nous déjeunons avec les enfants racontant notre projet et leur proposons une petite séance d’athlétisme après le repas. Quelques éducatifs classiques d’athlétisme menés par Titouan, un petit footing d’échauffement et c’est parti pour un relais en équipe. Les enfants se prennent au jeu, rigolent et même les filles les plus réticentes à l’exercice physique jouent le jeu. 

Un beau moment de partage avec coach Romain qui dois réviser le vocabulaire sportif en espagnol ! 

Lima c’est aussi pour nous l’occasion de visiter La Videna, le centre d’entrainement des sportifs de haut niveau, refait à neuf pour les Jeux Panaméricains 2019. C’est en quelque sorte l’Insep péruvien, à la différence que chaque fédération paye ses installations. Cette organisation implique d’être invité par une fédération pour pouvoir rentrer dans les lieux (jusque là rien d’étonnant) mais on ne peut alors rentrer que dans l’installation de la dite fédération. Invités par la fédération de Judo, nous n’avons pu voir que le dojo (et en se faufilant la salle de bowling et de tennis de table)! Même les athlètes qui logent à La Vidéna n’ont pas le droit d’aller sur les installations des autres fédérations. Comme cela coûte très cher, il faut éviter les vols et les dégradations, donc tout est sous clef ! Je n’ai même pas le droit de filmer à l’extérieur du dojo…mais je vole quelques images quand même. Très frustrés, nous n’avons pu voir ni la piscine, ni le stade, ni la salle de gymnastique, ni le vélodrome qui avait l’air superbe.

Su le dojo, j’ai rendez-vous avec une judokate Yuli Bolivar, médaillée de bronze aux derniers Jeux panaméricains et qui pars bientôt en Europe pour gagner sa sélection aux JO de Tokyo. Après avoir enfilé nos kimonos, elle me montre quelques prises de Judo, mais comme on dit, je ne fais pas le poids ! Yuli est une athlète vénézuélienne qui a dû quitter son pays pour des raisons économiques et politiques avant d’être naturalisée Péruvienne. C4est une belle histoire d’engagement et de pari sur la vie grâce au sport qu’elle nous raconte après notre partage de judo.

Le week-end arrive : Samedi c’est sport amateur : Karine et moi partons faire un footing avec l’intention d’interviewer les sportifs du samedi matin. Nous nous arrêtons devant un homme d’une soixantaine d’année faisant des gestes étranges en haut de la falaise. N’écoutant que mon courage de néo-reporter je saute le bosquet et lui propose de l’interviewer. La question est simple : pourquoi fais-tu du sport et la réponse est longue, très longue. Il est étonnant de voir que lorsque l’on donne quelqu’un la possibilité de s’exprimer avec un micro, il a tant de chose à dire. Je regarde Karine : nous sommes à la fois  ravis, amusées et désappointées, on comprend 10% de ce qu’il raconte. Ancien parachutiste militaire il a continué le sport principalement pour se faire des amis et par hygiène de vie. Comment allons-nous utiliser cette matière ? Ça sera donc la dernière interview de la matinée car nous devons rentrer, travailler sur Sportifs du monde et sur le CNED.

Le soir, Ysabel nous invite à une sympathique soirée familiale dans la maison de sa sœur avec tournois de tennis de table. L’équipe Karine, Ysabel et Elliott  gagnent le tournois

Le dimanche, c’est visite de la ville ! De son centre historique (magnifique Plaza de Armas très animée avec la relève de la garde), du superbe musée d’art, le MALI, qui retrace l’art sur le territoire depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne. Nous profitons du spectacle des fontaines illuminées à la nuit tombée. On a beaucoup marché….

Le 28 janvier, cela fait un mois que nous sommes partis alors nous partageons les sentiments de chacun pour faire un point pour la suite. C’est une étape importante. Ce qui nous rassemble ce sont les activités extraordinaires, où on est déconnectés du quotidien mais bel et bien connectés entre nous. Ce qui nous éloigne, c’est le projet Sportifs du monde, les enfants ne s’y sentent pas bien, trop de vidéos à faire, trop d’interviews, ils ont l’impression d’y faire l « les pots de fleurs ». L’éloignement de leur cercle d’amis est encore une difficulté importante. Karine et moi devons prendre tout cela en compte….cela commence par une soirée famille à regarder Star Wars en mangeant devant le film.